La culture de l'argousier

Origine

Histoire

Comme la plupart d'entre-vous le savent, l'argousier n'est pas une plante indigène de l'Amérique mais provient plutôt du continent européen et de l'Asie. En Europe, l'argousier se retrouve principalement sur les dunes côtières de la mer Baltique en Finlande, en Pologne, en Hollande en Lettonie et en Allemagne.

 

Les dépôts graveleux des bords de rivières, les anciennes rivières asséchées, les bordures de lac sablonneuses ainsi que les régions montagneuses de la France et de l'Italie (Alpes, Pyrénées) sont d'autres endroits de prédilection. En Asie, l'argousier est très présent en Chine ainsi que dans les régions de l'Himalaya et de l'Altaï (frontière entre la Mongolie et la Russie). Ici encore, l'argousier préférera les sites au sol plutôt sablonneux ou rocailleux où il croîtra en colonie parfois immense.

 

Au Québec, une petite population d'argousier semble s'être naturalisée dans la région de Malartic (Abitibi), suite à une importation de semences par des immigrants vers la moitié du siècle. Les dépôts miniers de la région semblent parfaitement convenir à la croissance de la plante.

 

Membre de la famille des Elaeagnaceae, argousier est le nom commun donné au genre Hippophae. Ce genre comprends six espèces, H. rhamnoides, H. salicifolia, H. goniocarpa, H. gyantsensis, H. neurocarpa et H. tibetana. L'espèce H. rhamnoides est celle ayant le plus d'intérêt horticole. Selon certaines caractéristiques morphologiques, cette espèce se divise à son tour en neuf sous-espèces formant des populations bien délimitées par des contraintes géographiques.

 

Au fil des années, les hommes ont sélectionnés dans la nature des individus possédant des caractères souhaitables (fruits au meilleur goût, peu d'épine, facilité de récolte, haute teneur en huile, résistance aux maladies, etc.). Ces individus ont par la suite été croisés afin d'accentuer ces propriétés. Des pays comme la Russie, la Chine, la Lettonie, la Finlande et l'Allemagne possèdent de tels programmes d'amélioration génétique.

 

De nos jours, les nombreux croisements entre les sous-espèces font en sorte qu'il n'est plus possible de les distinguer. Même si les cultivars ainsi créés semblent bien s'acclimater aux conditions du Québec, il nous reste à sélectionner ceux qui y sont le plus adaptés selon les utilisations. Cette sélection, souhaitons le, mènera un jour à l'établissement de notre propre programme d'amélioration génétique.

 

 

Par Martin Trépanier agr. Ph.D.

Centre de Recherche en Horticulture, Université Laval